Animation

 

L’exposition ‘’ Animations’’ de  Thomas Demand se déroule présentement  au centre DHC/ART du Vieux port de Montréal. L’exposition présente différentes œuvres de photographie et de courts vidéos. Thomas Demand est né en 1964 à Berlin. Il a commencé ses travaux en sculpture. Ensuite, il a utilisé la photographie pour immortaliser ses œuvres et la photographie est devenue l’un des principaux axes de ses travaux au fil du temps. Les œuvres de Demand sont en premier lieu des œuvres gelé par photographie, vidéo ou simple esquisse; elles sont ensuite reproduites en grandeur réel dans son atelier pour y ajouter la lumière nécessaire pour compléter le processus et être mises en photographie. Alors nous voilà trois fois éloignés de la réalité. La réalité a été reproduite une fois en photo ensuite en sculpture (généralement en carton), et finalement en photographie encore. L’artiste construit  avec les innombrables photos prises de ses sculptures, de courts vidéos qui illustrent la plupart du temps des scènes d’évènements sociaux, historiques ou culturels  se sont produits.

L’être humain est toujours absent du travail de Demand, ses œuvres nous attirent dans une réalité qui n’est pas ce qu’elle semble. Les prétentions à la vérité, de la photographie, est la qualité complexe de l’image photographique joue un rôle crucial dans leur réception.

Il est intéressant de mentionner que les œuvres construites en taille réelle au studio sont détruites après qu’elles aient été photographiées. Jhon Zeppetelli, le commissaire de la galerie, explique à propos de cette deuxième vie accordée par l’artiste :

« Cela confère aux œuvres une sorte de deuxième vie mélancolique, puisque leur force réside en bonne partie dans cette fabrication lente, délibéré et soigneuse de la maquette. Cette laborieuse reconstitution grandeur nature, en papier et en carton, qui demande parfois plusieurs semaine, d’une photographie bidimensionnelle fugitive, pêchée dans le cours des images médiatiques, parle d’une intimité avec l’image ou l’histoire illustrée, d’un ralentissement du flux incessant d’informations et d’une manière presque perverse d’habitée complètement une idée. Si le résultat peut sembler froidement architectural et conceptuellement anomique, on comprend toutefois que se cache, derrière ces effets superficiels, un récit secondaire effervescent, fait de labeur, d’amour et de détermination. »

 

 

Le son joue un rôle important dans les travaux de l’artiste. Dans les travaux présentés à l’exposition, on voit la musique, le bruit d’un projecteur et d’autres sons qui font partie de l’œuvre et qui ne sont pas juste de simples outils, par exemple le cliquetis mécanique du projecteur associé à la scène déserte dans l’œuvre Escalator (2001)  constitue une trame sonore toute désignée pour la scène.

Une des œuvres principales de l’exposition est Pacific Sun (2012). L’œuvre et l’extrait d’une séquence captée par une caméra de surveillance d’un bateau de croisière en pleine tempête de en mer  et ensuite diffusée sur le site Youtube. Demand a reproduit cette scène en effaçant la présence de l’homme. Des équipes d’animateur d’Hollywood ont été requises pour suivre le changement de place de certains objets, il a fallu 15 mois et 2400 images fixes pour permettre de réaliser cette œuvre. Il existe une autre œuvre, Camera (2007),  qui est représentée dans la même salle que Pacific Sun et elle se trouve là où la caméra de surveillance devait se trouver. Jhon Zeppetelli la décrit ainsi :

«  Sur la planète inhabitée de Demand, ce dispositif de surveillance, impersonnel et toujours à l’œuvre, habituellement utilise pour détecter toute activité humaine illicite, devient encore plus démobilisant. »

 

Cette exposition aura lieu jusqu’au 12 mai 2013 au centre DHC/ART.